Louise Michel (1830 - 1905) La « Vierge rouge » de la Commune
Fille illégitime d'un notable et d'une servante, Louise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d'institutrice, elle s'installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement blanquiste. C'est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La « Vierge rouge » déploie alors une activité inlassable, forte de son énergie et de son charisme : propagandiste, animatrice d'un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre les troupes de Versailles.
Arrêtée le 24 mai 1871, au terme de la Semaine Sanglante, elle est en 1873 condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Elle embarque le 8 août 1873 pour un voyage de cinq mois à bord de la Virginie, en même temps que le libelliste Henri Rochefort avec qui elle échange des poésies. En exil, Louise Michel se convertit à l'anarchisme et se lie à la population canaque. Elle noue aussi une relation épistolaire avec Georges Clemenceau qui l'a en admiration et ne manque pas de la soutenir avec quelques mandats. Mais quand il lui offre de la faire amnistier, elle refuse avec panache de se dissocier de ses compagnons d'infortune : « Faut-il le rappeler encore ? Arrière les lâches qui implorent, jamais je ne sortirai d'ici qu'avec tous ».
En 1880, l'amnistie générale des crimes commis sous la Commune l'autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel s'exprime par ses écrits avec un talent indéniable (poésies, articles, romans, pamphlets...).